L’une des principales banques d’investissement du monde fait faillite aujourd’hui.
C’est le nouvel épisode d’une tempête financière de moins en moins américaine et de plus en plus mondiale. AXA déclare aujourd’hui posséder 7,5% de la banque, Dexia est exposée à hauteur de plus de 500ME…
Après que Bear Stearns ait été secourue par JPMorgan (en fait sous la pression puis la garantie de la Réserve Fédérale), que Fannie Mae et Freddie Mac aient été nationalisées (ce vieux couple garantit 5.200 milliards de dollars de prêts, soit 40 % des emprunts américains), la Fed a laissé le marché sanctionner la quatrième banque d’affaire américaine. Ce même weekend, Merrill Lynch est reprise pour 50 milliards de dollars par Bank of America. Etait-ce la faillite prévue la semaine prochaine ?
Je ne sais pas plus que vous quelle sera l’ampleur du jeu de domino actuel, mais je retire de ces événements les réflexions suivantes :
- Les Américains (les citoyens) vivaient à crédit, souvent de manière excessive. Nous le savons depuis longtemps, à moins de ne jamais lire aucune presse magazine, ou n’avoir jamais vu le moindre feuilleton américain en vingt ans… jusqu’à l’explosion des subprimes
- Les Américains (la nation) vivaient à crédit, toujours de manière excessive. Le monde entier a financé leur politique extérieure autant qu’intérieure, de l’Irak à la Chine
- La complexification des produits financiers et les imbrications des échanges sont devenus tels en quinze ans que peu de banquiers semblent mesurer la hauteur des dominos (ou l’effet papillon)
- L’élaboration de produits financiers est devenue tellement complexe que celui qui les construit (autant que celui qui les achète) en oublie les fondamentaux économiques sur lesquels ils reposent. Ces modèles mathématiques étaient compréhensibles il y a trente ans par un élève de terminale C, il y a 15 ans par un étudiant de maîtrise d’économétrie, aujourd’hui il faut être un polytechnicien, et encore jeune ;-).
Sans vouloir rentrer dans un registre moral, cette décorrélation entre finance et économie est probablement malheureusement le registre sur lequel il sera le plus difficile de faire machine arrière.
Quelles conséquences devons nous attendre sur l’activité de Business Angel ?
Ceux d’entre nous dont les actifs sont peu liquides risquent de se limiter quelques temps prochains. Pour les autres, c’est un encouragement à investir davantage dans une économie très réelle.
Si l’entrepreneuriat est chose risquée, au moins assumons-nous notre risque, car nous le mesurons bien : nous comprenons les activités des entreprises dans lesquelles nous investissons, nous aidons les entrepreneurs lorsqu’ils rencontrent des difficultés, nous leur apportons de la valeur au lieu d’attendre de simples dividendes, et surtout, nous en retirons bien plus que des revenus.
Enfin, la comparaison est brutale : le pire échec de PBA ces deux dernières années est un TRI de 50% en deux ans. Tous les autres sont des multiplicateurs significatifs. Pardon…





Pour présenter votre projet, vous devez accepter quelques règles académiques. Tout comme les recruteurs recoivent des CV, les Business Angels recoivent des projets... et le temps accordé à chacun n'est pas toujours tellement supérieur.