J’attends avec impatience que les syndicalistes appellent à la grève, que les cheminots arrêtent les trains, et que les salariés se remettent à râler … si aucun ne change de posture, je me demande ce qui peut changer.
Je voudrais rappeler un dogme faussement enseigné à l’école : l’objectif d’une entreprise n’est pas de faire du profit. L’objectif d’une entreprise est de servir les objectifs de ses propriétaires. Ainsi, lorsqu’ils décident de sacrifier une partie de leurs profits à court terme peuvent-ils agir sur leur environnement : obliger leur entreprise à investir dans le développement durable, produire localement pour limiter les destructions d’emplois, refuser la corruption, refuser d’acheter des produits fabriqués par des enfants, éviter les paradis fiscaux…
Les propriétaires des entreprises sont aujourd’hui de grands groupes, mais aussi de petits actionnaires (plus 5 millions de personnes en France aujourd’hui), eux-mêmes souvent actionnaires salariés grâce aux plans d’intéressement.
Pourtant, je ne vois jamais d’actionnaires se regrouper dans une structure ad hoc pour défendre leurs intérêts et par là même leurs valeurs. N’est-ce pas là le vrai combat que devraient mener les syndicats ? Plutôt que de faire grève, pourquoi n’organisent-ils pas le vrai pouvoir dont disposent les salariés des pays capitalistes ?
Sans vouloir porter de jugement sur Renault, j’aimerais savoir la proportion des actionnaires qui valident la dépense d’un milliard d’euros pour construire une usine à Tanger au moment où des licenciements en France sont lancés.
De même, les clients/consommateurs vont-ils adopter un comportement rationnel ? Contre les destructions d’emploi, le travail des enfants, ou le changement climatique, mais qui achètent toujours plus de téléphones, consoles de jeux, et des produits au plus faible coût instantané (c’est tout le débat pour les ampoules électriques).
Que dire des dirigeants : hormis les entreprises familiales, dirigées par des entrepreneurs, et dont les objectifs de long terme protègent d’une partie des excès du court terme, la plupart d’entre eux pilote une recherche de croissance des profits à un rythme trimestriel. Or même à l’échelle d’une PME, tous les entrepreneurs savent qu’une stratégie se construit sur le long terme.
Encore une fois, c’est lors des crises graves que les gens se révèlent et que les civilisations évoluent. Celle-ci doit nous permettre de remettre en question nos modèles économiques, de développement social, et d’agir pour notre environnement contre les dérèglements climatiques. Alors réveillons nous…
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